Le blog d'une réveuse un brin fêlée

C´est pour quand ?

C´est pour quand ?

On m´avait prévenue : la principale difficulté à devenir parent signifiait avant tout d´apprendre à lâcher prise. Je pensais l´avoir compris, je me disais que, sûrement, un jour, j´aurais à déplorer les mauvaises manières à table ou les résultats médiocres en autodictée de mes enfants.

Mais au fond je n´y croyais pas trop, et puis j´avais le temps de m´y préparer. Après tout j´avais bien mené ma barque jusque là une grossesse désirée et planifiée quasiment au jour près, une forme olympique jusqu´au dernier jour de travail, un déménagement et une grande maison en perspective. Je cochais insolemment les cases de la liste de Laurence Pernoud, j´étais dans les derniers mètres du marathon de la grossesse parfaite sans trop de kilos, de rétention d´eau ni d´angoisse…

Les Sauf que …

SAUF QUE, quand une histoire débute comme celle que je vous raconte, il y a toujours un méchant “sauf que” qui vient pointer le bout de son nez, en la personne d´une non moins méchante sage femme qui nous balance entre deux portes qu´il est fort probable qu´on puisse ne pas “accoucher naturellement”.

Je m´arrête un instant pour traduire ce langage médical hautement intelligible parce que ce jour-là, la sage-femme avait déjà une heure de retard et 5 autres futures mamans à traumatiser, donc pas le temps pour expliquer concrètement ce qui allait se passer dans les semaines à venir.

Cette petite phrase anodine, elle signifie qu´il y aura un dépassement de terme, qu´il faut poser son rétroplanning et oublier les cours de préparation à l´accouchement : pas besoin de compter les contractions et d´avoir peur d´arriver trop tard à la maternité, Noël a été reporté à une date ultérieure mais on ne sait pas exactement à quelle date le cadeau pourra être livré.

Ce simple délai, je vous l´accorde, n´a rien de dramatique : il finira bien par arriver cet accouchement, il suffit de prendre son mal en patience et de profiter des derniers instants de sommeil.

SAUF QUE (et oui, encore un sauf que) dépasser signifie aussi que la médecine va reprendre ses droits sur le corps de la parturiente : mesurer, monitorer, échographier, piquer, et ce tous les jours. D´ailleurs, à partir du jour J, celui qui était écrit et décoré de petits cœurs dans l´agenda, tout le monde va reprendre ses droits : le téléphone va sonner plusieurs fois par jour pour poser la question piège (« T’as pas accouché ???« ), la moindre caissière/cousine au sixième degré/aide soignante blasée va donner la recette miracle (la meilleure : “il faut que vous le laissiez partir ce bébé, Madame”) et il faudra envoyer des textos avec des chiffres d´ouverture de col à toute la famille quotidiennement.

SAUF QUE dépasser signifie aussi que les jours après la naissance sont comptés et que le retour au travail se fera abruptement à 2 mois et demi.

SAUF QUE dépasser nous montre bien avant qu´on y soit préparé qu´on ne maîtrise rien dans cette histoire.

Je vous rassure, la plupart du temps ça finit bien. Le cadeau finit par arriver et il ressemble exactement à ce qu´on avait demandé.



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